Les plaisirs et les jours

Aux voyageurs du temps

Au gré des voyages de Louis, des centaines de visages et paysages vinrent probablement s’imprimer sur des plaques photographiques aujourd’hui oubliées. Par quels mystères, quelles forces, celles-ci nous ont-elles retrouvés ? Les souvenirs d’enfance de son fils Marcel nous en donnent, à leur manière, une romanesque explication…  

Suzanne, Louis, Marcel, magnifiques anonymes qui ont laissé leurs traces… J’ai chéri ce voyage immobile sur vos pas. Plus de cent vingt ans nous séparent mais vos plaisirs sont encore les nôtres, car  à Fouras, le temps n’existe plus.

« Le soir, dans le salon carrelé blanc et noir et tendu de drapeaux chinois, les doigts joints autour d’un guéridon qui bientôt frémissait et battait du pied, on interrogeait César ou Victor Hugo, qui étaient vertement repris si latin ou alexandrins étaient jugés incorrects. (…) Un matin le guéridon fut trouvé en pièces, victime de convulsions solitaires dont l’évocation fit longtemps courir un frisson dans la Villa. Du coup, grand-mère interdit les séances de spiritisme que mon grand-père feignait d’ignorer ».

Mémoires de Marcel Pouvreau, fils unique de Suzanne et Louis, né à Madagascar en 1901