La Photographie a 200 ans !
La première photographie connue au monde est réalisée par le scientifique français Nicéphore Niépce vers 1826-1827. Il laisse son appareil sur un trépied pendant plusieurs dizaines d’heures pour obtenir la reproduction sur une plaque d’étain de la vue depuis sa fenêtre. Baptisée « Héliographie » (écriture par la lumière, en grec), cette technique est l’ancêtre de la Photographie.
De nombreux savants ont ensuite contribué à l’améliorer : en 1837 Louis Daguerre réduit le temps de pause à un quart d’heure avec son Daguerréotype. En 1841, William Henri Fox Talbot invente le négatif sur papier, qui permet d’obtenir plusieurs exemplaires. Mais le papier, peu transparent, présente trop d’inconvénients : on lui préfère bientôt les plaques de verre. Pour les rendre sensibles à la lumière, on les badigeonne d’un mélange de coton-poudre, d’alcool et d’éther : le collodion.
Vers 1850, cette méthode dite du « collodion humide » se généralise, mais elle n’est pas très pratique : la plaque photographique doit être préparée immédiatement avant usage et développée tout de suite après la prise de vue. Elle impose le transport de beaucoup de matériel, en plus de l’appareil. On peut aussi y être allergique, comme Richard Leach Maddox. En 1870, il crée les premières plaques photographiques au gélatinobromure d’argent, par ailleurs beaucoup plus sensibles à la lumière.
Quelques années plus tard, Charles Harper Benett améliore le procédé en rendant possible l’utilisation de cette émulsion sur plaques sèches : la technique, beaucoup plus pratique que celle du collodion humide, est alors révolutionnaire. Le temps de pose se réduit à quelques secondes et ouvre la voie à la prise de vue instantanée. La conservation et le stockage des plaques n’étant plus un problème, la démocratisation de la photographie est en marche…
En 1881, le jeune Louis Lumière, alors âgé de 17 ans, améliore encore le procédé. La fabrication des plaques sèches devient industrielle, et leur usage se généralise. Elles feront la fortune de l’entreprise familiale lyonnaise, bien avant l’invention du cinéma (1895).
En 1900, Louis, notre photographe amateur de Fouras, les utilise : son matériel nous est connu grâce aux emballages qui nous sont parvenus avec les plaques. La marque “La Parfaite” de Guilleminot & Cie semble avoir eu sa préférence, au format 9×12 cm. Quelques boîtes de la Société des Plaques, Pellicules et Papiers photographiques J.Jougla, les complètent.
Les plaques photographiques en verre restent cependant fragiles. Elles seront progressivement abandonnées au profit du film souple, inventé par Kodak dès 1888. On peut considérer qu’elles disparaissent définitivement dans les années 1920-1930, finalement dépassées par l’apparition de nouveaux appareils, de nouveaux formats, et de la couleur…
« La Parfaite »
En 1858, le chimiste Gustave Guilleminot (1830-1895) créé une fabrique de produits destinés à la photographie à Aubervilliers, où sont élaborés les produits chimiques les plus demandés : nitrate d’argent et collodion. C’est vers 1870 qu’il développe, avec l’aide de son fils, une série de plaques au gélatino-bromure d’argent baptisée « La Parfaite », qui feront la renommée de son entreprise.
J.Jougla
Fondée en 1882 à Nogent-sur-Marne, puis installée à Joinville-le-Pont, l’entreprise Jougla employait 600 personnes au pic de son activité, en 1901. Elle produisait quotidiennement plus de 45 000 plaques de verre. Ce fut l’une des premières à se lancer dans la fabrication des pellicules souples, suscitant l’intérêt des frères Lumière qui s’y associèrent en 1911.

200 ans de photographie : célébrons les regards
Du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027, le ministère de la Culture organise le Bicentenaire de la Photographie, une grande célébration ouverte et festive qui met à l’honneur les collections, la création contemporaine, l’édition photographique et les différents métiers de la photographie.
Plusieurs centaines d’événements labellisés (expositions, colloques, projections audiovisuelles, projets d’éducation à l’image…) se tiendront en France métropolitaine, dans les territoires ultramarins et dans une trentaine d’autres pays.
Le Bicentenaire de la Photographie est mis en œuvre par le ministère de la Culture, accompagné par un comité scientifique présidé par Dominique de Font-Réaulx, historienne de l’art spécialiste du XIXème siècle et de la photographie, et conservatrice générale au musée du Louvre, et avec un très large ensemble d’acteurs de la culture, de l’éducation et de la recherche.
Retrouvez la programmation sur https://bicentenairephotographie.fr