Les plaisirs et les jours

La mystérieuse Villa Monsanson

Je l’ai retrouvée, et rien n’a beaucoup changé à la Villa Monsanson. Ni l’encadrement des fenêtres, ni le petit muret en briques typique le long de sa façade. Seulement la plaque de pierre qui couronne le premier étage et sur laquelle on peut lire un autre nom : « La Méduse ».

Dans les années 1930, le baron Coudein en était devenu le propriétaire, et l’héritage familial valait bien un baptême… Son ancêtre, Jean Daniel, est célèbre pour avoir commandé le radeau des survivants de la Méduse, immortalisé par le peintre Géricault. La frégate était partie de l’île d’Aix vers le Sénégal, avant de faire naufrage au large de la Mauritanie le 2 juillet 1816. Un an plus tôt, le capitaine Coudein, père de Jean Daniel, avait été l’un des derniers officiers français à saluer l’Empereur Napoléon avant son départ en exil depuis Fouras vers Sainte-Hélène.

Fidèle à ce destin maritime et impérial, le baron Coudein contribua à l’ouverture du Musée Napoléon sur l’Île d’Aix, fondé par son ami le baron Gourgaud et sa femme Eva, riche collectionneuse américaine, qui possédaient la moitié de l’île. L’excentrique baronne, paraît-il, y repeignait tout en rose : la maison, le linge, le papier à lettres, le sucre, les fleurs et même les tourterelles du jardin. Tandis que son époux, arrière-petit-fils d’un compagnon de l’empereur Napoléon à Sainte Hélène, voguait sur un canot baptisé « Kangourou ». Quelles histoires !

Mais fausse piste, car ce n’étaient pas les personnages des photos…