Épilogue

Elle s’appelle Isabelle-Indira, elle est née en Inde, à Pondichéry. C’est la petite fille de Marcel, et l’arrière-petite fille de Louis. Le 11 décembre 2025, deux ans après la découverte des photos, je lui ai écrit un mail. Isabelle m’a répondu avec un portrait de Suzanne et du petit Marcel. Elle a ri du hasard extraordinaire qui l’avait fait correspondre – il y a seulement quelques jours – avec le Musée Pierre Loti. On venait d’y acquérir une perruque japonaise ayant appartenu à son aïeule… Nous découvririons plus tard que comme d’autres jeunes filles, Suzanne et sa sœur Yseult avaient fréquenté, à Rochefort, la maison de l’écrivain voyageur ; que des lettres furent même échangées, sur plusieurs générations, entre les deux familles.
Pour moi tout avait commencé par la photo d’une maison, la Villa Monsanson. Isabelle exerçait, comme son mari et trois de ses enfants, le métier d’architecte. Très vite, j’ai rencontré sa famille, et les branches de l’arbre généalogique se sont soudain agitées à l’évocation de tous ces noms et visages oubliés. Pendant des mois, des centaines de photos ont été partagées, des cartons et paquets de lettres rapatriés, des hypothèses vérifiées grâce à quelques mots rédigés sur des portraits retournés (il s’agissait bien des fiançailles de Louis et Suzanne, par exemple).
Nous les appelions tous par leurs prénoms : Marcel (dit Pouvrette), Suzanne, Yseult, Louis – comme s’ils étaient de retour – et remontions le fil d’une famille presque ordinaire. Les écrits et les photographies avaient simplement contribué à sublimer leur existence… Quelle chance !